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Al-Charaa démantèle le régime d'Assad en Syrie

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Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmed al-Sharaa (photo) Al-Sharaa a entrepris de remodeler la Syrie à une vitesse remarquable. Le régime d'Assad, autrefois solidement implanté, a été presque entièrement démantelé : ses fidèles et ses réseaux dissous, et ses symboles effacés. Aujourd'hui, Al-Sharaa règne pratiquement sans opposition, que ce soit de la part des vestiges de l'ancien régime ou même au sein du nouveau.

Sa position a été renforcée par l'évolution du contexte régional. La destruction par Israël des forces pro-iraniennes et de leur influence en Syrie, conjuguée au soutien de l'administration Trump et d'États clés du Conseil de coopération du Golfe, a permis à Al-Sharaa de consolider son autorité intérieure. Libéré de ces pressions extérieures, son gouvernement fait face à des menaces moins crédibles et moins nombreuses qu'il ne l'avait anticipé.

Le sort de Bachar el-Assad demeure un mystère. Aucune information confirmée ne l'a été depuis sa fuite en Russie, alimentant les spéculations quant à son assassinat. Mort ou vivant, Assad est désormais méprisé, même par ses anciens partisans, pour les avoir abandonnés au moment où ils avaient le plus besoin de lui, laissant le régime s'effondrer.

Des vestiges de l'ancien régime, seul le chef de milice Ayman Jaber subsiste comme figure d'opposition. Opérant principalement depuis les régions côtières alaouites, Jaber est accusé de tirer profit du vaste commerce de captagons en Syrie et d'avoir commis des atrocités durant la guerre civile. Bien qu'il conserve une influence locale limitée, il est profondément impopulaire à Damas et dans les provinces du sud. Son seul soutien étranger notable provient de Moscou, qui pourrait chercher à l'utiliser comme levier d'influence si le pays venait à se fragmenter en enclaves régionales.

Manaf Tlass, fils d'un ancien ministre de la Défense et jadis proche confident des Assad, représente une figure plus acceptable au sein de l'ancien pouvoir. Ayant fait défection à Paris au début du conflit, Tlass est perçu par les puissances occidentales, notamment la France, comme une alternative laïque crédible, même si son influence réelle en Syrie demeure incertaine.

Pourtant, le plus grand défi d'Al-Sharaa pourrait bien venir non pas de ses ennemis vaincus, mais de ses propres rangs. Les dizaines de milliers de combattants étrangers qui ont rejoint sa progression d'Alep à Damas en décembre dernier restent lourdement armés et animés d'une forte idéologie. Concilier leur ferveur islamiste avec la nécessité de maintenir un gouvernement stable et centralisé exige une grande prudence. Al-Sharaa continue de marcher sur un fil, durcissant les restrictions religieuses pour apaiser sa base tout en s'efforçant de projeter une image d'unité nationale et d'ouverture envers l'Occident.

Sur le plan économique, les vestiges de l'ancienne élite des affaires ont largement capitulé. Des hommes d'affaires comme Mohammad Hamsho et Samer Foz ont conclu des accords avec le gouvernement, cédant d'importants actifs afin d'aider le nouveau régime à stabiliser le pays politiquement et économiquement et à soutenir le changement. D'autres, notamment Hussam Katerji, longtemps associé à l'Iran, ont résisté – au prix de lourdes pertes, plusieurs de ses propriétés à Damas ayant été incendiées. Parallèlement, le paysage médiatique national a été profondément remanié : des réseaux comme Lana TVLes chaînes de télévision régionales, autrefois détenues par Foz, ont été vendues à des alliés du gouvernement ou ont tout simplement fermé leurs portes. Al-Jazira et Al Arabiya Ils reflètent désormais ouvertement les orientations politiques de leurs protecteurs à Riyad et à Doha, témoignant de l'alignement plus large qui a permis à Al-Sharaa d'accéder à la domination.

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La Syrie d'Al-Sharaa est un pays renaissant, mais dont l'équilibre est précaire. Ayant éradiqué l'héritage d'Assad et obtenu un soutien international, il préside à la tête d'une nation lasse de la guerre, mais encore hantée par ses divisions et confrontée à un risque de nouvelle scission. Sa consolidation du pouvoir marque la fin d'une ère et le début incertain d'une autre : une Syrie qui n'est plus définie par les Assad, mais qui aspire toujours à la stabilité, à la légitimité et à l'unité que des décennies de dictature et de conflit ont érodées.

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