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Quel avenir pour la relation franco-allemande ?

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Le président français nouvellement réélu Emmanuel Macron (photo) n'a pas perdre beaucoup de temps avant de se rendre à Berlin pour rendre visite à son homologue allemand, le chancelier Olaf Scholz. La visite coïncidait avec le 77th anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, et reflète une tradition de longue date entre les chefs d'État allemands et français de se rendre mutuellement visite peu de temps après avoir été élus, écrit Colin Stevens.

Si l'occasion marque la continuité de la tradition, elle intervient à un moment de profond changement pour l'Europe. Le bloc n'est pas seulement confronté à la guerre d'agression de Vladimir Poutine en Ukraine, mais est également confronté à l'aiguillon de la montée de l'inflation et à la perspective d'une récession de la zone euro. Confronté à cette série de défis, l'axe franco-allemand, moteur de l'Europe depuis plus de 60 ans, parviendra-t-il à survivre sans changement à ces crises ?

Entre passé et présent

Macron et Scholz ont profité de l'occasion pour réfléchir à la situation passée et actuelle en Ukraine, la chancelière allemande soulignant que « l'Ukraine l'emportera. La liberté et la sécurité l'emporteront, tout comme la liberté et la sécurité ont triomphé de l'oppression, de la violence et de la dictature il y a 77 ans ». La solidarité avec l'Ukraine occupait assurément une place importante lors du sommet bilatéral qui a marqué l'engagement d'Emmanuel Macron premier voyage à l'étranger suite à sa réélection, mais la réunion a également abordé plusieurs sujets hautement prioritaires pour l'Europe, de l'énergie aux difficultés de mise en œuvre du protocole du Brexit, en passant par la réforme des traités.

Mais la réunion a également offert un aperçu de ce que l'avenir réserve probablement à la relation franco-allemande. Traditionnellement, le partenariat entre les deux pays a été un partenariat d'égal à égal, mais avec le départ à la retraite d'Angela Merkel, l'équilibre des pouvoirs peut être en train de changer. Malgré une campagne électorale meurtrière chez lui, Macron a semblé sûr de lui lors de la visite dans son rôle de plus supérieur homme d'État, tandis que Scholz semblait mal à l'aise, peut-être à la lumière des critiques incessantes sur sa réticence à envoyer des armes à l'Ukraine et à bloquer les importations d'énergie en provenance de Russie. De plus, Macron semble de plus en plus déterminé à aller de l'avant avec son ambitieux programme de réforme de l'Europe, en attribuant un rôle solo plus important à la France et positioning lui-même comme le dirigeant le plus puissant de l'UE.

Une nouvelle phase de concurrence économique

Les raisons de croire que la relation franco-allemande pourrait se diriger vers un rééquilibrage sont, comme toujours dans cette relation, non seulement liées à la politique mais aussi à l'économie dure. Alors que l'inflation croissante et stagnation de la croissance actuellement aux prises avec la zone euro, les deux pays pourraient bientôt se retrouver en concurrence pour échapper aux perspectives imminentes d'une récession. En effet, on assiste déjà aux premiers signes d'une nouvelle phase de concurrence économique entre les entreprises françaises et allemandes, les firmes des deux pays se bousculant pour se positionner sur des marchés qui présentent des perspectives de croissance attractives.

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L'un des principaux marchés prometteurs de croissance et de solides références environnementales est la production de voitures propres. Alors que l'industrie automobile et la fabrication ont toujours été le point fort de l'Allemagne, Macron a dévoilé des plans pour contester cette domination en faisant de la France le premier continent du continent. producteur de voitures propres. Actuellement, Renault, leader français de l'industrie automobile, devrait être le deuxième seulement à Volkswagen dans la production mondiale de véhicules électriques d'ici 2025. Cela n'a toutefois pas suffi à satisfaire les ambitions de l'Elysée, Macron s'étant engagé en octobre dernier à 4 milliards € propulser le groupe Renault à la première place.

Un autre segment de marché que les deux pays surveillent est le secteur de l'assurance et de la réassurance, qui devient de plus en plus important dans les efforts de l'Europe pour atténuer les effets dévastateurs du changement climatique. Alors que les Européens sont historiquement sous-assuré contre les catastrophes naturelles, la fréquence accrue des inondations et des incendies de forêt a entraîné une augmentation de la demande de primes d'assurance et de réassurance et une expansion de l'ensemble de l'industrie. Dans le secteur particulièrement dynamique de la réassurance, l'Allemagne a actuellement le dessus. Deux des worldLes 3 premières compagnies de réassurance sont allemandes, avec une seule compagnie française dans le top 10. Les entreprises françaises commencent cependant à contester cette domination, comme le montre la récente décision de la compagnie d'assurance française Covéa d'acheter les 12 premièresth plus grand réassureur - Partner Re - dans le cadre d'un accord de 9 milliards de dollars qui a reçu le feu vert par la Commission européenne le mois dernier. Il s'agira probablement du premier d'une longue série d'investissements intelligents de la part d'entreprises françaises sur un marché qui regorge de potentiel.

Des alliances changeantes

Parallèlement à ces signes indiquant que les entreprises françaises se tournent de plus en plus vers des secteurs prometteurs où les entreprises allemandes sont déjà bien implantées, un autre indice que le rôle de la relation en tant que colonne vertébrale de l'Europe pourrait changer vient de la détermination de Macron à nouer de nouveaux partenariats dans le bloc sans l'implication de Berlin. Plus récemment, le président français a renforcé ses relations avec ses voisins italiens en signature avec le Premier ministre Mario Draghi le soi-disant traité du Quirinal en novembre de l'année dernière. L'ambitieux document fait écho à celui de 1963 Élysée traité, qui inaugure la saison de domination économique et politique dont jouit l'alliance franco-allemande en Europe. Si le traité du Quirinal s'avère ne serait-ce qu'à moitié moins réussi, il pourrait signaler un déplacement décisif vers le sud dans l'axe du pouvoir de l'UE.

Jusqu'à récemment, la principale dynamique de pouvoir de l'UE semblait inébranlable, avec la France et l'Allemagne en tête du peloton. Mais les certitudes sur la scène géopolitique européenne semblent appartenir au passé. Face à plusieurs crises simultanées, la relation entre Paris et Berlin risque elle aussi de s'essouffler. Dans son deuxième mandat, Macron semble déterminé à marquer son héritage en réformant l'UE et, dans sa quête pour le faire, cherche des alliés dans les capitales européennes autres que Berlin. Parallèlement aux incitations économiques à une plus grande concurrence entre les entreprises allemandes et françaises, la dynamique politique semble suggérer que cette relation géopolitique de longue date pourrait entrer dans une nouvelle phase.

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EU Reporter publie des articles provenant de diverses sources extérieures qui expriment un large éventail de points de vue. Les positions prises dans ces articles ne sont pas nécessairement celles d'EU Reporter.

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