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Comment le partenariat Chine-Turkménistan façonne l'avenir

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Il y a quelques jours, Xi Jinping a rencontré le dirigeant national du peuple turkmène et président du Conseil populaire du Turkménistan, Gurbanguly Berdimuhamedov.

En ce début d'Année du Cheval, la Chine est prête à collaborer avec le Turkménistan pour discuter de grands projets de coopération, partager les opportunités de développement et promouvoir la construction d'une communauté sino-turkmène plus forte et plus efficace, fondée sur un destin partagé. Il convient de rappeler que le Turkménistan a également proclamé cette année Année du Cheval Ahal-Teke. Il ne s'agit pas d'un hasard, mais bien d'une manifestation d'amitié significative.

Quelles que soient les évolutions de la scène internationale, la Chine soutiendra fermement le Turkménistan dans la sauvegarde de son indépendance nationale, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. La Chine soutiendra toujours le Turkménistan dans la poursuite de sa politique de neutralité permanente, selon les déclarations officielles chinoises.

Gurbanguly Berdimuhamedov a exprimé sa satisfaction quant à sa visite à la grande nation chinoise. Sous l'impulsion personnelle du président Xi Jinping, les relations amicales entre le Turkménistan et la Chine ont progressé rapidement et de manière constante, avec des échanges étroits entre les organes législatifs et les partis politiques.

Le Turkménistan remercie la Chine de son soutien à son statut de neutralité permanente, salue chaleureusement les quatre grandes initiatives mondiales proposées par le président Xi Jinping, en sa qualité de dirigeant de premier plan, et apprécie vivement la position impartiale que la Chine a toujours adoptée sur la scène internationale, selon le China Daily. Le Turkménistan souhaite renforcer sa coordination et sa coopération avec la Chine au sein des instances multilatérales telles que les Nations Unies et le mécanisme Chine-Asie centrale, afin de préserver conjointement la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, d'après les déclarations officielles chinoises.

Alors pourquoi les relations entre le Turkménistan et la Chine sont-elles importantes ?

Pour comprendre les relations turkmènes-chinoises, il faut d'abord comprendre les relations entre l'Asie centrale et la Chine.

Relations entre l'Asie centrale et la Chine

D'un côté se trouvent les républiques d'Asie centrale, qui ont accédé à l'indépendance et sont riches en ressources naturelles – notamment en pétrole et en gaz naturel – et occupent une position stratégique dans la zone de transit Asie-Europe ; de l'autre, la République populaire de Chine qui, grâce à son développement économique dynamique depuis 1991, est devenue l'une des plus grandes économies mondiales, avec des besoins énergétiques sans cesse croissants et une forte dépendance aux sources d'énergie étrangères (Duran, H., & Pusevsuren, N., 2016). Ces deux pôles connaissent une croissance exponentielle et cherchent à intensifier leur coopération bilatérale.

La République populaire de Chine et l'Asie centrale entretiennent des relations économiques étroites depuis des siècles. À l'époque de la Route de la Soie, ces États constituaient un pont de transport entre l'Europe et la Chine. Ces régions se caractérisent par un développement économique, industriel et financier important. De ce fait, la Chine demeure un partenaire essentiel pour l'Asie centrale.

Les relations entre l'Asie centrale et la Chine sont anciennes, mais cette nouvelle phase a débuté avec l'indépendance des pays d'Asie centrale. En janvier 1992, la Chine fut parmi les premiers pays à reconnaître l'indépendance de l'Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan, du Kirghizistan et du Turkménistan, et à établir des relations diplomatiques avec eux.

Avec environ 1.405 milliard d'habitants, la Chine est le pays le plus peuplé du monde et la deuxième économie mondiale, ce qui en fait l'un des acteurs les plus importants de l'économie mondiale.

La Chine est le principal partenaire commercial et investisseur de l'Asie centrale, et de facto le créancier le plus important de la région (Duran & Pusevsuren, 2016).

Les pays d'Asie centrale cherchent à s'affranchir de l'influence russe et à se rapprocher de la communauté internationale en renforçant leurs relations économiques et politiques avec les pays occidentaux et les autres nations de la région. Dans ce contexte, la Chine apparaît comme une alternative prometteuse. Sans s'immiscer dans la politique intérieure de la région, elle explore les possibilités de coopération pour garantir son approvisionnement en matières premières énergétiques et sa sécurité énergétique. La Chine est devenue le premier partenaire commercial des pays d'Asie centrale en 2025, selon le China Daily.

Les pays d'Asie centrale et la Chine s'efforcent de restaurer la Route de la Soie en développant des infrastructures routières et ferroviaires modernes (qui seront abordées plus en détail ci-dessous).

La Chine, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, est l'un des plus grands pays du monde. Son potentiel économique, militaire, spatial et démographique croissant renforce considérablement son rôle et son influence dans le traitement de nombreux enjeux internationaux et régionaux, notamment en Asie centrale.

La stratégie énergétique de la Chine poursuit trois objectifs principaux :

• Assurer la croissance économique à long terme de la Chine ;

• Réduire la vulnérabilité énergétique de la Chine ;

• Protéger l’environnement et prévenir sa dégradation et les maladies qui y sont liées (Tullekova, 2024).

En 1992, le volume total des échanges commerciaux entre la Chine et l'Asie centrale s'élevait à seulement 460 millions de dollars américains. Vingt ans plus tard, en 2012, ce chiffre atteignait près de 46 milliards de dollars, soit une multiplication par cent. Aujourd'hui, la Chine est le premier partenaire commercial du Kazakhstan et du Turkménistan, et le deuxième pour l'Ouzbékistan et le Kirghizistan. Dès 2026, elle est devenue le principal partenaire économique de la région. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Asie centrale ont atteint un record historique de 106.3 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 12 % par rapport à l'année précédente, selon un communiqué publié sur le site web du ministère chinois du Commerce.

Le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Asie centrale a dépassé les 100 milliards de dollars pour la première fois de l'histoire, maintenant une croissance positive pendant cinq années consécutives, selon le même communiqué (CGTN Français, 19 janvier 2026).

Les relations entre l'Asie centrale et la Chine sous Xi Jinping

L'accession de Xi Jinping à la présidence en 2013 a marqué le début d'une nouvelle ère dans la politique économique chinoise envers l'Asie centrale. Le 7 septembre 2013, lors d'un discours prononcé à l'université Nazarbayev au Kazakhstan, le dirigeant chinois a annoncé aux populations d'Asie centrale le projet des Nouvelles Routes de la Soie, baptisé « Une ceinture, une route ». Le rôle de l'Asie centrale dans la politique économique de la nouvelle direction chinoise s'en est ainsi trouvé clairement affirmé (Özdaşlı, 2015 : 579).

La visite d'État du président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, en Asie centrale du 8 au 10 septembre 2013, a marqué un tournant dans l'histoire des relations bilatérales. Suite à cette visite, la Chine a établi un partenariat stratégique avec le Turkménistan et le Kirghizistan et s'est déclarée prête à approfondir ses relations bilatérales avec le Kazakhstan et l'Ouzbékistan. Aujourd'hui, l'Asie centrale et la Chine sont des partenaires indissociables, et les pays d'Asie centrale coopèrent plus facilement avec la Chine, comme l'a souligné le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev dans un discours prononcé en 2025.

L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) est essentielle pour comprendre les relations entre l’Asie centrale et la Chine, ainsi qu’entre le Turkménistan et la Chine.En Asie centrale, la Chine joue un rôle économique de premier plan grâce à ses initiatives économiques phares et à ses cadres de coopération multilatérale tels que les Nouvelles Routes de la Soie et l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).« écrit Fazliddin, et al. (2025).

Le Turkménistan entretient des liens étroits avec l'OCS en tant que participant invité et partenaire régional clé, participant à des sommets et promouvant la coopération économique dans les domaines de l'énergie, des transports et de la logistique.

Avec la création de l'OCS en 2001, les chefs d'État de la Chine, du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Tadjikistan ont commencé à se rencontrer annuellement. Les contacts au niveau des ministres des Affaires étrangères se sont intensifiés (Tullekova, 2024).

Nouvelle Route de la Soie, « Ceinture et Route », BRI

L’initiative « la Ceinture et la Route » (BRI), lancée par la Chine sous la présidence de Xi Jinping en 2013, est un vaste plan de développement économique et infrastructurel visant à relier l’Asie à l’Europe et à l’Afrique par voie terrestre et maritime. Dans le cadre de cette initiative, le Turkménistan et la Chine ont prévu une importante coopération énergétique, notamment par le biais de pipelines, du développement des infrastructures et de projets énergétiques.

Aujourd'hui, l'initiative « Ceinture et Route » est bien plus qu'un simple projet ou programme ; c'est une stratégie à long terme visant à intégrer les processus d'investissement socio-économiques, infrastructurels et financiers à travers l'Eurasie.

De plus, dans son livre La gouvernance de la Chine, Xi Jinping évoque cette nouvelle Route de la Soie et l'amitié sino-asiatique :

"Il y a plus de 2 100 ans, sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.), un envoyé chinois du nom de Zhang Qian fut dépêché à deux reprises en Asie centrale en mission de paix et d’amitié. Ses voyages ouvrirent la voie à des contacts amicaux entre la Chine et les pays d’Asie centrale et marquèrent le début de la Route de la Soie reliant l’Orient et l’Occident, l’Asie et l’Europe (Xi Jinping, p. 311).

Selon lui, grâce aux Nouvelles Routes de la Soie, l'amitié et la coopération entre l'Asie centrale et la Chine se développeront :

"Les relations de la Chine avec les pays d'Asie centrale bénéficient aujourd'hui d'une formidable opportunité de croissance. Nous espérons œuvrer avec ces pays pour renforcer la confiance, l'amitié et la coopération, et promouvoir le développement et la prospérité communs, au bénéfice de tous nos peuples.

Le Fonds de la Route de la Soie, la Banque d'import-export de Chine (China Eximbank) et la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) jouent un rôle majeur dans le financement des investissements chinois en Asie centrale dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route ». Par exemple, le tunnel de Kamchik, long de 19.2 km et situé en Ouzbékistan, a été achevé par le Groupe ferroviaire chinois des tunnels grâce à un prêt de la China Eximbank (Alperen, Ü., 2018).

Le concept de « corridor économique le long de la Route de la Soie » a été bien accueilli en Asie centrale. Il vise à développer un nouveau modèle d’interaction et à établir un nouveau cadre de coopération interrégionale. Il repose sur cinq piliers principaux :

(1) renforcer les liens politiques,

(2) construction d'infrastructures partagées,

(3) la mise en œuvre du libre-échange,

(4) augmentation des échanges de devises,

(5) favoriser les relations amicales entre les peuples (Tashmatova, K., 2015).

Importance du Turkménistan en Asie centrale

Le Turkménistan est un pays clé du Corridor central. Avec le Kazakhstan, il est l'un des deux seuls pays à avoir un accès à la mer Caspienne. Sa position stratégique sur la mer Caspienne lui permet d'accéder à des routes maritimes essentielles reliant l'Asie centrale au Caucase du Sud et, au-delà, à l'Europe.

La mer Caspienne est une région importante pour le commerce local et le transport d'énergie, et la ville portuaire turkmène de Turkmenbashi joue un rôle clé en facilitant les échanges dans la région caspienne.

Par ailleurs, le Turkménistan possède d'importantes ressources en gaz naturel. Grâce à ces réserves, il est récemment devenu un acteur majeur du marché énergétique d'Asie centrale. Détenant les quatrièmes plus importantes réserves de gaz au monde (après la Russie, l'Iran et le Qatar), il se situe au cœur des dynamiques géopolitiques, notamment vis-à-vis de l'Europe, de la Chine et de la Russie.

D'après le rapport statistique de BP sur l'énergie mondiale 2023, le Turkménistan possède environ 19 500 milliards de mètres cubes de réserves de gaz. Celles-ci sont concentrées dans des gisements majeurs, notamment le gisement de Galkynysh, l'un des plus importants au monde, qui renferme environ 13 100 milliards de mètres cubes de gaz récupérable. Des analystes indépendants estiment que Galkynysh, associé aux gisements de Garakol et de Yashlar, contient jusqu'à 27 400 milliards de mètres cubes de gaz, soit suffisamment pour assurer des exportations annuelles de 200 milliards de mètres cubes pendant des décennies (Eurasianet, 12 janvier 2026).

Le développement des corridors de transport et d'énergie, notamment les projets de pipelines transcaspiens, souligne le rôle du Turkménistan en tant que maillon clé des réseaux d'infrastructures eurasiens – une position idéale pour les ambitions de la Chine en matière de nouvelles routes de la soie.

Par ailleurs, la Chine accorde une grande importance à la sécurité régionale, et la neutralité permanente du Turkménistan en est l'une des garanties. Reconnue par les Nations Unies en 1995, cette neutralité permet au Turkménistan d'éviter les alliances militaires et les conflits régionaux, contribuant ainsi à sa stabilité intérieure. Ceci est particulièrement important compte tenu de sa frontière de 744 km avec l'Afghanistan, une région historiquement instable.

Cette neutralité permet au Turkménistan d'entretenir des relations diplomatiques avec un large éventail d'acteurs, de la Chine aux États-Unis, en passant par l'Union européenne et les pays du Moyen-Orient, et même de jouer un rôle de médiateur dans les conflits régionaux.

Le Turkménistan cherche également à diversifier ses exportations de gaz. Le gazoduc Turkménistan-Chine, opérationnel depuis 2009, en est un exemple majeur. Le gazoduc TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) en est un autre, susceptible de remodeler profondément la dynamique énergétique régionale.

Bien que le Turkménistan ait évité toute implication directe dans les conflits afghans, il reste vigilant quant à la protection de ses frontières contre les menaces telles que le terrorisme, le trafic de drogue et l'instabilité, et recherche la coopération de ses partenaires internationaux.

relations Turkménistan-Chine

La Chine, pays le plus peuplé du monde et deuxième puissance économique mondiale, joue un rôle fondamental dans la configuration du paysage énergétique mondial. Confrontée à une industrialisation, une urbanisation et une croissance économique rapides, sa demande en pétrole et en gaz a considérablement augmenté (Myrat, H., & Jun, YZ, 2023).

Dans le cadre de sa stratégie internationale en Asie centrale, la République populaire de Chine s'attache à identifier des sources fiables d'approvisionnement en combustible. Le Turkménistan, qui possède environ 7.2 % des réserves mondiales de gaz naturel, apparaît comme le partenaire le plus approprié grâce à sa politique de neutralité. Le Turkménistan exporte plus de 80 % de son gaz vers la Chine. Ceci souligne l'importance des ressources énergétiques comme enjeu central des relations internationales (Tullekova, 2024).

Les relations diplomatiques entre le Turkménistan et la Chine ont été officiellement établies le 6 janvier 1992.

En 2001, Turkmenneft et Lan-Chou Petrochemical Engineering Company ont signé un accord d'une valeur de 22.2 millions de dollars américains pour la production et la fourniture de deux structures de forage au Turkménistan (Tullekova, 2024).

Lors de la visite du président du Turkménistan en Chine en avril 2006, sept accords bilatéraux ont été signés. Le plus important, conclu entre le ministère turkmène de l'Industrie pétrolière et gazière et des Ressources minérales et la China National Petroleum Corporation, portait sur la coopération dans le secteur pétrolier et gazier. Les entreprises chinoises étaient autorisées à explorer les gisements de pétrole et de gaz au Turkménistan, tant terrestres que maritimes (mer Caspienne). Cet accord prévoyait également la mise en œuvre d'un projet de gazoduc reliant le Turkménistan à la Chine et la vente de gaz turkmène à la Chine.

Les relations turkmènes-chinoises sous Gurbanguly Berdimuhamedov

Une nouvelle ère s'est ouverte dans les relations turkmènes-chinoises sous la présidence de Gurbanguly Berdimuhamedov. Les médias officiels chinois ont décrit la période débutant en 2007 comme l'instauration d'un « nouveau climat dans les relations turkmènes-chinoises ».

En juin 2009, la Chine a accordé au Turkménistan un prêt de 4 milliards de dollars américains pour le développement du gisement gazier géant de South Yolotan.

Lors de la visite de Xi Jinping au Turkménistan en 2013, les deux présidents ont tenu une réunion fructueuse. Cette rencontre a permis de présenter la première phase d'exploration du gisement gazier de Galkynysh, menée par CNPC. La coopération entre le Turkménistan et la Chine s'est intensifiée de manière constante, notamment dans le domaine économique (Tashmatova, 2015).

Gazoduc Turkménistan-Chine

En 2006, un accord a été signé entre le gouvernement Berdimuhamedov et la Chine pour le transfert de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an du Turkménistan vers la Chine sur une période de 30 ans, a noté Tullekova (2024) dans ses recherches universitaires.

Le gazoduc Chine-Asie centrale, premier gazoduc transnational chinois, relie la frontière entre le Turkménistan et l'Ouzbékistan, traversant l'Ouzbékistan et le Kazakhstan. D'une longueur totale de 1 833 km et d'une capacité annuelle nominale de 60 milliards de mètres cubes, il a été mis en service en décembre 2009 et transporte depuis plus de 160 millions de mètres cubes de gaz par jour. Depuis son inauguration, il a acheminé plus de 334 milliards de mètres cubes de gaz naturel vers la Chine, alimentant ainsi les foyers chinois en gaz turkmène (Myrat & Jun, 2023).

Avec la mise en service de ce gazoduc en 2009, la Chine a pu couvrir une part importante de ses besoins en gaz naturel et continue de rechercher des sources d'approvisionnement supplémentaires.

Lors d'une visite du gouvernement turkmène à Pékin en 2007, des accords visant à renforcer la coopération énergétique bilatérale ont été confirmés. Des accords d'achat et de vente ont été signés entre CNPC et Türkmengaz, et des projets d'exploration et de production ont été lancés sur le champ de Bagtyyarlyk, le long du fleuve Amou-Daria (Nogayeva, 2011).

La Chine a réalisé des investissements massifs dans les infrastructures et les projets énergétiques, notamment le gazoduc Turkménistan-Chine, qui transporte environ 40 milliards de mètres cubes de gaz par an, faisant du Turkménistan un fournisseur d'énergie clé pour la Chine (Zonn et al., 2021).

Le Turkménistan visait, grâce à ce projet, à réduire considérablement sa dépendance à l'égard de la Russie tout en favorisant un développement économique plus large, au-delà des exportations de matières premières.

Début 2009, 17 coentreprises turkmènes-chinoises étaient enregistrées au Turkménistan, et plus de 46 projets d'investissement étaient en cours. L'implication économique chinoise totale était estimée à plus de 1.1 milliard de dollars américains, prêts et investissements directs compris.

La Chine demeure un contributeur majeur à l'économie turkmène, notamment dans le secteur pétrolier et gazier. En septembre 2013, les deux pays ont approuvé des accords garantissant l'exploitation sûre et durable de l'oléoduc et la poursuite des explorations le long de l'Amou-Daria.

En octobre 2013, le Turkménistan a annoncé l’achèvement de sa section du pipeline Turkménistan-Ouzbékistan-Kazakhstan-Chine (Tullekova, 2024).

Le pipeline commence à Gedaim, à la frontière entre le Turkménistan et l'Ouzbékistan, traverse le centre de l'Ouzbékistan et le sud du Kazakhstan, et se termine à Horgos, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine, où il se connecte au pipeline Ouest-Est.

Le Turkménistan est devenu le premier État d'Asie centrale à se passer de la Russie pour ses exportations de gaz naturel par gazoduc. En avril 2006, l'ancien président Niyazov s'est rendu auprès du président chinois Hu Jintao pour signer un contrat visant à relier les deux pays par un gazoduc en direction de Shanghai. Aux termes de cet accord, le Turkménistan s'est engagé à fournir 30 milliards de mètres cubes de gaz par an pendant 30 ans.

Depuis lors, les deux pays ont continué d'investir dans les infrastructures, notamment dans les stations de pompage et l'extension des gazoducs, assurant ainsi un approvisionnement stable en gaz.

La demande énergétique croissante de la Chine continue de renforcer le rôle du Turkménistan en tant que fournisseur fiable. Les investissements chinois ont également contribué de manière significative au développement des infrastructures au Turkménistan.

La China National Petroleum Corporation devrait entamer la quatrième phase de développement commercial du gisement gazier de Galkynysh début 2026, suite à des entretiens de haut niveau entre Serdar Berdimuhamedow et Xi Jinping.

Coopération culturelle entre la Chine et le Turkménistan

La promotion de la culture chinoise à l'échelle mondiale renforce le rayonnement culturel de la Chine et favorise la compréhension mutuelle entre les civilisations.

La sensibilisation et l'acceptation actuelles de la culture chinoise au Turkménistan jouent un rôle important dans le renforcement des échanges culturels entre les deux pays.

Une étude menée par Du, X. et Sun, H. (2023) révèle que les Turkmènes manifestent un vif intérêt pour la culture chinoise, souhaitent se rendre en Chine et nouer des amitiés avec des Chinois. Ceux qui ont déjà visité la Chine sont particulièrement ouverts à de tels échanges. Globalement, la culture chinoise est perçue positivement au Turkménistan.

Les relations sino-turkmènes depuis Serdar Berdimuhamedov

Depuis l'accession de Serdar Berdimuhamedov à la présidence du Turkménistan en mars 2022, les relations sino-turkmènes se sont intensifiées, atteignant le niveau d'une partenariat stratégique global.

En janvier 2023, lors de la première visite officielle de Serdar Berdimuhamedov en Chine, les deux chefs d'État ont élevé les relations bilatérales au rang de partenariat stratégique global. Les rencontres ont été fréquentes, notamment en marge des sommets Chine-Asie centrale (comme en juin 2025), confirmant une volonté commune d'approfondir la coopération. Xi Jinping a rencontré à nouveau le président turkmène Serdar Berdimuhamedov en juin 2025.

Conclusion

L'Asie centrale, riche en ressources naturelles et occupant une position géographique hautement stratégique, continue de susciter un vif intérêt de la part des grandes puissances mondiales telles que la Chine, la Russie, l'Union européenne et les États-Unis. Parmi ces acteurs, la Chine s'est imposée comme une force centrale et influente, notamment grâce à sa vision à long terme incarnée par l'initiative « la Ceinture et la Route ».

Historiquement reliée par la Route de la Soie, l'Asie centrale demeure un carrefour essentiel entre l'Orient et l'Occident. Aujourd'hui, les liens économiques, politiques et culturels entre la Chine et les pays d'Asie centrale se renforcent considérablement, engendrant une interdépendance croissante qui façonne la dynamique régionale contemporaine.

Cette coopération témoigne de la convergence d'intérêts stratégiques. Pour la Chine, l'Asie centrale est essentielle à sa sécurité énergétique, à la stabilisation de ses frontières occidentales et au renforcement de sa connectivité avec les marchés européens. Pour les États d'Asie centrale, la Chine représente un partenaire indispensable au développement économique, aux investissements dans les infrastructures et à l'intégration régionale.

Dans ce contexte plus large, le Turkménistan occupe une place particulièrement singulière. Ses vastes réserves de gaz naturel, sa situation stratégique et sa politique de neutralité permanente, reconnue internationalement, en font un partenaire unique et précieux. Son rôle de fournisseur majeur de gaz naturel à la Chine, conjugué à sa participation à des projets d'infrastructures d'envergure tels que le gazoduc Chine-Asie centrale, souligne la profondeur et l'importance des relations bilatérales.

En définitive, les relations sino-turkmènes dépassent le cadre d'une simple coopération bilatérale. Elles jouent un rôle crucial dans la structuration des dynamiques géopolitiques, économiques et énergétiques de l'Asie centrale et, plus largement, du continent eurasien.

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Eurasiefocus, Relations sino-turkmènes - Eurasie

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Derya Soysal

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