Comité économique et social européen (CESE)
Des mesures urgentes sont nécessaires pour faire face à la «crise» du logement en Europe.
On estime à 1.28 million le nombre de personnes vivant dans la rue, dans des abris ou dans des logements temporaires en Europe.
Rien qu’à Bruxelles – la capitale qui, selon les militants, devrait « incarner notre projet européen collectif » –, près de 10 000 personnes seraient sans abri, affirme-t-on.
Il est également souligné que dans certains États membres, les prix des logements et les loyers avaient augmenté de plus de 100 % et que les jeunes Européens repoussaient leur accession à l'indépendance.
L’« urgence » du logement exige désormais une action immédiate, insiste le Comité économique et social européen (CESE).
Elle a réuni tous les acteurs concernés aux niveaux européen, national et local afin de faire le point sur la crise du logement en cours et d'en discuter.
« Le logement est avant tout un problème social », a déclaré le président du CESE, Séamus Boland, lors de la réunion à Bruxelles, ajoutant : « mais ce n’est plus seulement cela. C’est un problème économique, un problème démographique, un problème de compétitivité. C’est pourquoi la lutte contre la crise du logement est l’une des priorités clés de mon mandat. »
Selon lui, « la réalité est malheureusement dure : l’Europe est confrontée à une crise du logement. »
Lors de ce même événement, Dan Jørgensen, commissaire européen à l'énergie et au logement, a déclaré : « Maintenant que nous avons notre plan final, nous devons le mettre en œuvre. Nous devons mobiliser tous les outils et propositions politiques à notre disposition afin d'aider les États membres, les régions et les collectivités locales à fournir davantage de logements abordables, durables et de qualité. »
Jørgensen a énuméré les prochaines étapes de la Commission :
- Adopter la loi sur le logement abordable dès que possible ;
- nous continuons à travailler sur un ensemble de mesures de simplification du logement ;
- se concentrer sur le financement – autre pierre angulaire du plan – et lancer la plateforme d’investissement paneuropéenne plus tard cette année ;
- intensifier la collaboration avec les États membres pour aider les jeunes et les étudiants, en particulier ceux issus de milieux défavorisés ;
- en apportant un soutien politique supplémentaire et en permettant une coopération de haut niveau plus étroite grâce au lancement d'une alliance pour le logement et à l'organisation d'un sommet sur le logement cette année.
D'autres commentaires ont été formulés par Matthew Baldwin, directeur général adjoint de la DG ENER de la Commission européenne et chef du groupe de travail sur le logement de la Commission.
Il a souligné qu'il était important de maintenir la dynamique politique car si le logement était un problème pour les Européens, alors il devait être un problème pour l'Europe.
Dans le même esprit, le député européen irlandais Aodhán Ó Ríordáin, rapporteur fantôme pour la stratégie de lutte contre la pauvreté et le rapport sur le logement, a réaffirmé que le logement et la pauvreté étaient les deux faces d'une même pièce et que les mesures de l'UE devaient être pleinement coordonnées.
Il a ajouté que l'Union avait besoin d'un effort fort, urgent et collectif de la part de ses institutions, de ses États membres, des autorités locales, des partenaires sociaux et de la société civile pour obtenir un véritable changement sur le terrain.
Michaela Kauer, directrice du bureau bruxellois de la ville de Vienne et coordinatrice du partenariat européen sur le logement dans le cadre de l’Agenda urbain, a souligné que Vienne avait été pionnière dans la promotion du concept de « logement pour le bien commun ».
Elle a expliqué que le succès du modèle viennois reposait sur une forte volonté politique de transformer le marché du logement, et non pas seulement de le réparer, ainsi que sur un dialogue constant avec tous les acteurs concernés. Elle a également souligné la nécessité d'aborder la question de l'accessibilité au logement sous l'angle du genre, car « la précarité énergétique touche principalement les femmes ».
Pour sa part, Marie Linder, présidente de l'Union internationale des locataires (IUT) et de l'Union suédoise des locataires, a souligné l'importance de la présence de représentants des locataires à la table des décisions et a déclaré que l'accent devait être mis sur les personnes en utilisant des outils tels que les mécanismes de stabilisation des loyers, la protection des contrats de location à long terme et la neutralité des coûts pour la rénovation des logements.
Chiara Martinelli, directrice du Réseau Action Climat Europe, a déclaré que la crise du logement allait de pair avec la précarité énergétique et qu'il était important d'aller plus loin, de passer des paroles aux actes et de mettre en œuvre des politiques, transformant ainsi le plan de la Commission en une priorité partagée par l'UE.
Le CESE formulera désormais des recommandations spécifiques lors de sa session plénière de mars.
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