coronavirus
La Commission approuve le régime français de 700 millions d'euros pour certains détaillants et services touchés par la pandémie de coronavirus
La Commission européenne a autorisé, en vertu des règles de l'UE en matière d'aides d'État, un régime français de 700 millions d'euros pour soutenir certains détaillants et services touchés par la pandémie de coronavirus et des mesures restrictives prises par le gouvernement français pour limiter la propagation du virus.
Vice-présidente exécutive Margrethe Vestager (photo) en charge de la politique de concurrence a déclaré : « Les fermetures pour limiter la propagation de la pandémie ont entraîné des pertes de chiffre d'affaires très importantes pour certains détaillants et services. Ce dispositif de 700 millions d'euros permettra à la France de dédommager partiellement ces entreprises des pertes subies. Nous continuent de travailler en étroite coopération avec les États membres pour trouver des solutions viables pour atténuer l'impact économique de la pandémie de coronavirus, conformément aux règles de l'UE."
Le régime français
La France a notifié à la Commission un régime de 700 millions d'euros visant à indemniser certains détaillants et services pour les pertes subies à la suite des mesures de fermeture administrative du gouvernement français pour limiter la propagation du coronavirus.
En conséquence directe de ces mesures restrictives, le chiffre d'affaires des sociétés concernées a diminué, alors que leurs coûts, notamment les loyers et autres frais fixes, n'ont pas pu être ajustés à la baisse.
Le dispositif sera ouvert à certains commerces de détail (ameublement, habillement, informatique, articles de sport, opticiens, bijouteries) et certains services (réparation d'articles personnels et ménagers, coiffure et soins de beauté) qui ont dû fermer pour des périodes comprises entre février et Mai 2021.
Les bénéficiaires éligibles au régime pourront obtenir une compensation sous forme de subventions directes pour un montant n'excédant pas le montant des loyers payés pendant les périodes de fermeture, déduction faite, le cas échéant, des revenus provenant d'une augmentation des ventes en ligne et d'autres formes de compensation , comme les sommes versées par les compagnies d'assurance.
Afin d'éviter une surcompensation des pertes subies, le régime prévoit également un plafond d'indemnisation pour : (i) les entreprises qui enregistraient déjà des pertes en 2019 ; (ii) les entreprises avec une forte proportion de ventes en ligne ; et (iii) les entreprises recevant plus de 4 millions d'euros d'aides par mois.
La Commission a évalué la mesure au Article 107 (2) (b) TFUE, qui autorise les États membres à indemniser des entreprises ou des secteurs spécifiques pour les dommages directement causés par des événements exceptionnels comme la pandémie de coronavirus.
La Commission a estimé que le régime d'aides français compenserait les pertes directement liées à la pandémie de coronavirus. Elle a également constaté que la mesure était proportionnée dans la mesure où l'indemnisation envisagée n'excédait pas le montant nécessaire pour réparer les pertes, compte tenu du plafond prévu dans les cas spécifiques visés ci-dessus.
La Commission a donc conclu que le régime était conforme aux règles de l'UE en matière d'aides d'État.
Présentation
Le soutien financier provenant de fonds européens ou nationaux accordés aux services de santé ou à d'autres services publics pour lutter contre la situation du coronavirus ne relève pas du contrôle des aides d'État. Il en va de même pour tout soutien financier public accordé directement aux citoyens. De même, les mesures de soutien public accessibles à toutes les entreprises, telles que les subventions salariales et la suspension du paiement des impôts sur les sociétés et sur la valeur ajoutée ou des cotisations de sécurité sociale, ne relèvent pas du contrôle des aides d'État et ne nécessitent pas l'approbation de la Commission en vertu des règles de l'UE en matière d'aides d'État. Dans tous ces cas, les États membres peuvent agir immédiatement. Lorsque les règles en matière d'aides d'État sont applicables, les États membres peuvent concevoir de vastes mesures d'aide pour soutenir des entreprises ou des secteurs spécifiques souffrant des conséquences de la pandémie de coronavirus, conformément au cadre actuel des aides d'État de l'UE.
Le 13 mars 2020, la Commission a adopté un Réponse européenne coordonnée pour contrer l'impact économique de la pandémie de coronavirus énonçant ces possibilités.
A ce propos, par exemple :
- Les États membres peuvent indemniser des entreprises spécifiques ou des secteurs spécifiques (sous forme de régimes) pour les pertes subies et directement causées par des événements exceptionnels, tels que ceux causés par la pandémie de coronavirus. L'article 107, paragraphe 2, point b), du TFUE le prévoit;
- les règles en matière d'aides d'État fondées sur l'article 107, paragraphe 3, point c), du TFUE permettent aux États membres d'aider les entreprises touchées par des pénuries de liquidités et ayant besoin d'un sauvetage urgent, ainsi que d'une aide ;
- cela peut être complété par diverses mesures supplémentaires, telles que le règlement de minimis et le règlement général d'exemption par catégorie, qui peuvent également être mises en place par les États membres immédiatement, sans la participation de la Commission.
En cas de situations économiques particulièrement graves, comme celle que connaissent actuellement tous les États membres en raison de la pandémie de coronavirus en cours, les règles de l'UE en matière d'aides d'État permettent aux États membres d'octroyer des aides pour remédier à une perturbation grave de leur économie. L'article 107, paragraphe 3, sous b), TFUE le prévoit.
Le 19 mars 2020, la Commission a adopté un Encadrement temporaire des aides d'État sur la base de l'article 107, paragraphe 3, point b), du TFUE pour permettre aux États membres d'utiliser pleinement la flexibilité prévue par les règles en matière d'aides d'État pour soutenir l'économie dans le contexte de la pandémie de coronavirus.
Le cadre temporaire, tel que modifié le 3 avril, 8 mai, 29 juin, 13 octobre 2020 et 28 janvier 2021 prévoit que les types d'aides suivants seront accordés par les États membres : i) subventions directes, injections de fonds propres, allégements fiscaux sélectifs et paiements anticipés ; ii) les garanties de l'État pour les emprunts contractés par les entreprises ; iii) les prêts publics bonifiés aux entreprises, y compris les prêts subordonnés ; iv) des garde-fous pour les banques qui canalisent les aides d'État vers l'économie réelle ; v) l'assurance-crédit à l'exportation publique à court terme ; vi) le soutien à la recherche et au développement (R&D) liés au coronavirus ; vii) l'appui à la construction et à la mise à l'échelle des installations d'essais ; viii) le soutien à la production de produits pertinents pour lutter contre la pandémie de coronavirus ; ix) un soutien ciblé sous forme de report de paiement d'impôts et/ou de suspension des cotisations de sécurité sociale ; x) un soutien ciblé sous forme de subventions salariales pour les salariés ; xi) un soutien ciblé sous forme d'instruments de capitaux propres et/ou hybrides ; xii) prise en charge des frais fixes non couverts pour les entreprises confrontées à une baisse de chiffre d'affaires dans le contexte de la pandémie de coronavirus.
Le cadre temporaire sera en place jusqu'à la fin décembre 2021. Afin de garantir la sécurité juridique, la Commission évaluera avant cette date s'il doit être prorogé.
La version non confidentielle de la décision sera disponible sous le numéro d'affaire SA.62625 dans le registre des aides d'État sur la Commission concurrence site Web une fois que tous les problèmes de confidentialité ont été résolus. Les nouvelles publications de décisions d’aides d’État sur Internet et au Journal officiel sont répertoriées dans le Concours hebdomadaire e-News.
Vous trouverez plus d'informations sur le cadre temporaire et les autres mesures prises par la Commission pour faire face à l'impact économique de la pandémie de coronavirus ici.
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