intelligence artificielle
La révolution de l'IA : une voie à suivre
L'intelligence artificielle (IA) transforme rapidement notre monde. Elle a permis à quelques entreprises des pays développés d'atteindre des profits records. Cette semaine, Nvidia, une entreprise américaine leader dans le domaine de l'IA, a franchi la barre des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Nvidia, avec les six autres entreprises technologiques connues sous le nom des « Sept Magnifiques », a atteint une capitalisation boursière de 22 000 milliards de dollars. Cette valeur dépasse largement le PIB cumulé des 44 pays les moins avancés (PMA), des petits États insulaires en développement et des pays en développement sans littoral. écrit Deodat Maharaj.
Ces entreprises continuent d'investir massivement dans cette technologie de rupture. Non seulement les investissements dans l'IA sont tournés vers l'avenir, mais les bénéfices se font déjà sentir, l'IA accélérant le commerce mondial et transformant rapidement les marchés. Selon le Forum économique mondial, l'IA rationalise les chaînes d'approvisionnement, optimise la production et permet des décisions commerciales fondées sur les données, offrant ainsi aux entreprises un avantage concurrentiel majeur sur les marchés internationaux. Jusqu'à présent, les principaux bénéficiaires ont été les pays développés et quelques pays en développement dotés de capacités technologiques élevées, comme l'Inde.
Dans l'ensemble, les pays en développement ont pris un retard considérable dans cette révolution technologique. Les 44 PMA et les petits États insulaires en développement sont ceux qui ont été quasiment laissés pour compte. Selon la CNUCED, les PMA risquent d'être exclus des retombées économiques de la révolution de l'IA. Nombre d'entre eux, confrontés à un accès limité aux outils numériques, s'appuient sur des méthodes traditionnelles pour la documentation commerciale, l'analyse de marché et la logistique. Pendant ce temps, d'autres prennent une avance considérable. Ce fossé grandissant menace de marginaliser ces pays dans le commerce international et souligne l'urgence de leur permettre de participer pleinement à l'économie mondiale pilotée par l'IA.
L'intelligence artificielle recèle un potentiel de transformation considérable pour les pays en développement, dans des secteurs essentiels à la croissance économique et au commerce. La Banque mondiale a souligné que, dans l'agriculture, les outils basés sur l'IA peuvent améliorer les rendements agricoles, prévoir la demande du marché et optimiser la chaîne d'approvisionnement. Ils peuvent également renforcer la sécurité alimentaire et les recettes d'exportation. Dans le commerce et la logistique, l'IA peut optimiser les opérations, réduire les coûts de transaction et faciliter l'accès des producteurs locaux à de nouveaux marchés.
Au-delà des applications commerciales, l'IA peut renforcer la préparation aux catastrophes, permettant aux gouvernements et aux entreprises d'allouer efficacement leurs ressources et de minimiser les pertes. Son utilisation peut transformer la manière de réagir aux catastrophes naturelles majeures, comme celle provoquée par l'ouragan Melissa en Jamaïque il y a quelques jours.
Malgré ces opportunités, les pays les plus pauvres et les plus vulnérables rencontrent des obstacles considérables pour accéder à l'IA et en tirer profit. L'Union internationale des télécommunications a constaté que de nombreux pays manquent d'électricité fiable, de connectivité à haut débit et de ressources informatiques, ce qui freine le déploiement des technologies d'IA. À cela s'ajoutent des contraintes en matière de ressources humaines et des marges de manœuvre budgétaires limitées pour réaliser les investissements nécessaires.
Dans ce contexte, quelle est la meilleure voie à suivre pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables du monde ? Premièrement, il est urgent de mettre en place des cadres politiques et de gouvernance pour tirer parti de l’IA au service du développement et de la transformation, et nous pouvons nous inspirer des autres. Par exemple, le Rwanda, pays pionnier dans l’utilisation des technologies pour impulser la transformation, a élaboré une politique nationale en matière d’intelligence artificielle. Autre exemple : Trinité-et-Tobago, qui a récemment créé un ministère de l’Administration publique et de l’Intelligence artificielle.
Deuxièmement, le renforcement des capacités, notamment celles des décideurs politiques, est essentiel. Il est impératif de le compléter par des investissements adéquats dans les universités et les centres d'excellence. Compte tenu de l'importance des solutions à faible coût et à fort impact, nouer des partenariats avec des institutions des pays du Sud est absolument vital.
Enfin, le financement demeure essentiel. Toutefois, compte tenu du recul de l'aide publique au développement, l'accès à des financements, notamment sous forme de subventions et de prêts à taux préférentiels, sera crucial. Par conséquent, les institutions financières internationales, en particulier les banques régionales de développement, ont un rôle déterminant à jouer. Les pays étant eux-mêmes parties prenantes, tout doit être mis en œuvre pour créer des guichets dédiés aux subventions et aux financements à taux préférentiels afin d'accélérer l'adoption de solutions technologiques d'IA pertinentes, peu coûteuses et à fort impact.
Dans un contexte de financement défavorable, atteindre ces objectifs sera difficile. C'est là que la diplomatie technologique entre en jeu et doit devenir un élément central de la politique étrangère d'un pays. Ce sujet sera abordé dans un autre article.
En résumé, l'IA façonne et transforme le monde d'aujourd'hui. Pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, tout n'est pas perdu. Grâce à des investissements stratégiques, des politiques inclusives et tournées vers l'avenir, et une coopération internationale via la diplomatie technologique, l'IA peut devenir un puissant levier de croissance et de développement durables.
Deodat Maharaj est un ressortissant de Trinité-et-Tobago et occupe actuellement le poste de directeur général de la Banque de technologies des Nations Unies pour les pays les moins avancés. Vous pouvez le contacter à l'adresse suivante : [email protected]
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