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Bien-être animal

Le spectre de la grippe aviaire signifie que la santé animale doit être une priorité du Parlement européen

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Par Roxane Feller, secrétaire générale d'AnimalhealthEurope, l'association européenne de santé animale

Le risque croissant de maladies croisées du bétail – comme le monde en est témoin avec la propagation de la grippe aviaire dans les bovins laitiers – c’est précisément la raison pour laquelle l’UE défend depuis longtemps l’amélioration de la santé animale au sein de ses systèmes agroalimentaires. La rapidité avec laquelle les vaccins ont été développés et déployés pour protéger le bétail contre les épidémies de virus de la fièvre catarrhale au cours des dernières semaines, par exemple, montre la nature avant-gardiste du secteur européen de la santé animale.

Pourtant, la menace de maladies comme la grippe aviaire n’est pas le seul défi auquel est confronté l’approvisionnement alimentaire du continent. Les impacts climatiques croissants, notamment l'augmentation de la chaleur, la sécheresse et les inondations, imposent également aux agriculteurs européens une charge de plus en plus lourde pour produire des aliments de manière plus durable.

Avec l’arrivée d’un nouveau parlement en juillet, les décideurs politiques de l’UE doivent donc continuer à tirer parti de ce solide héritage continental de soutien à une meilleure santé animale.

Cela permettra non seulement aux agriculteurs de nourrir le continent de manière plus durable, mais renforcera également leur résilience face aux défis croissants liés au climat et aux maladies dans le monde entier. Malgré des changements drastiques Selon la composition du Parlement européen à la suite des récentes élections, la bonne santé animale devrait continuer à être une priorité de tous les partis, étant donné qu'elle constitue le fondement d'une meilleure santé humaine et environnementale pour nous tous.

Pour faire de la santé animale une priorité, cela signifie d'abord que les décideurs politiques de l'UE doivent reconnaître la santé animale comme un élément central de l'agenda du bloc pour l'avenir.

L'UE doit garantir que le soutien au secteur de la santé animale et sa contribution à la réalisation des objectifs du bloc – depuis réduire les émissions à améliorer la durabilité du continent production alimentaire – est une priorité grâce à la législation et aux dialogues en cours.

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Par exemple, le secteur de la santé animale peut jouer un rôle clé dans les résultats du Dialogue stratégique, qui a été lancée par l'UE pour façonner un avenir pour l'agriculture du continent qui soutienne mieux les agriculteurs et leurs besoins.

Soutenir de meilleures interventions sanitaires en faveur du bétail du continent, que ce soit par la fourniture de nouvelles technologies telles que des vaccins ou par la formation de davantage de vétérinaires, peut apporter une multitude d'avantages aux agriculteurs européens et aux communautés qu'ils servent.

Cela protégerait non seulement les moyens de subsistance des agriculteurs contre les menaces croissantes de maladies, mais contribuerait également à garantir une production alimentaire plus durable et moins de pertes dues aux maladies. Tout soutien futur aux agriculteurs européens ne peut donc venir sans des dispositions visant à améliorer la santé animale.

Deuxièmement, pour exploiter tout le potentiel du secteur de la santé animale et favoriser l’amélioration des résultats en matière de santé et de durabilité, un secteur européen de la médecine vétérinaire compétitif doit être maintenu.

Pour y parvenir, la réglementation et les politiques doivent refléter les réalités du secteur de l’élevage, en soutenant une approche plus avant-gardiste de la santé animale et de ses multiples avantages.

la France récente campagne de vaccination pour les canards, par exemple, était une réponse efficace contre la menace de la grippe aviaire, tout en démontrant les défis qui subsistent d'un environnement politique parfois contradictoire entre la santé et le bien-être des animaux et le commerce.

Par exemple, même si la vaccination a sans aucun doute contribué à sauver des vies et à protéger les moyens de subsistance des agriculteurs français, cette mesure a néanmoins déclenché une vague de restrictions à l'importation de la part des partenaires commerciaux de la France.

Pourtant, malgré ces défis, l’Europe reste un leader mondial en matière de santé animale et doit pérenniser davantage cet héritage.

Les décideurs politiques européens peuvent y parvenir en continuant à soutenir un secteur des médicaments vétérinaires dynamique et compétitif afin de fournir les produits indispensables pour relever les défis croissants liés aux maladies. Cela signifie veiller à ce que la législation aide le secteur de la santé animale à jouer un rôle de premier plan pour aider le continent à réaliser son programme de durabilité et son futur programme agroalimentaire.

Enfin, les décideurs politiques de l’UE doivent reconnaître le rôle de la santé animale pour permettre aux agriculteurs de produire davantage de nourriture, de manière plus durable.

Les maladies animales entraînant la perte d'au moins 20% de la production animale dans le monde chaque année, offrir aux agriculteurs un meilleur accès aux services vétérinaires et aux produits de santé animale les plus récents peut leur permettre de nourrir le continent de manière plus durable, tout en préservant leurs moyens de subsistance.

Cela signifie essentiellement écouter et comprendre les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs du continent, tout en les soutenant en leur donnant un meilleur accès aux services vétérinaires et à tous les produits de santé animale – dont l'accès n'est pas uniforme sur tout le continent. Cela permettra non seulement de sauvegarder leurs moyens de subsistance, mais également de protéger leur contribution à la sécurité alimentaire à l’échelle du continent.

Du changement climatique au mécontentement des agriculteurs quant à l'orientation de l'agenda agroalimentaire du bloc, la liste des choses à faire du prochain Parlement européen sera sans aucun doute bien remplie, avec une attention détournée dans de nombreuses directions différentes.

En plaçant la santé animale au premier plan, l’UE peut garantir non seulement que le continent résiste aux menaces croissantes qui pèsent sur la production alimentaire, mais qu’il puisse également prendre les premières mesures nécessaires pour créer un avenir plus durable et plus sain pour tous.

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EU Reporter publie des articles provenant de diverses sources extérieures qui expriment un large éventail de points de vue. Les positions prises dans ces articles ne sont pas nécessairement celles d'EU Reporter.

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