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L'Azerbaïdjan et l'alliance émergente qui redessine le Moyen-Orient

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L'Azerbaïdjan est un pays unique. Bien que musulman et chiite, c'est un État laïc résolu à se moderniser. De tendance nationaliste, il est dirigé par le président Ilham Aliyev, qui entretient d'excellentes relations avec les États-Unis et Israël, tandis que ses relations avec l'Iran restent marquées par une méfiance réciproque. Les médias internationaux ont récemment rapporté ce que de nombreux observateurs soupçonnaient depuis longtemps : le long des 700 kilomètres de frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Iran, des sites clandestins du Mossad opéreraient dans le cadre d'un vaste réseau de renseignement régional permettant à Israël de surveiller la République islamique et d'y lancer potentiellement des opérations.

Ces installations pourraient avoir joué un rôle dans les récentes actions menées contre de hauts responsables iraniens, notamment Rahman Moqadam, chef du recrutement à l'étranger pour le Corps des gardiens de la révolution islamique. Les relations entre l'Azerbaïdjan et Israël se sont développées considérablement depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991. Israël a été parmi les premiers pays à reconnaître le nouvel État indépendant, et les deux nations ont depuis lors bâti un partenariat stratégique. L'Azerbaïdjan fournit du pétrole et de l'énergie ; Israël contribue en matière de technologie, de renseignement, de systèmes d'armement et d'innovation. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a rencontré Aliyev à Bakou en janvier. Durant les guerres du Haut-Karabakh, une grande partie des capacités militaires de l'Azerbaïdjan reposait sur la technologie israélienne. Le pays a également été parmi les premiers acquéreurs du système de défense antimissile israélien Dôme de fer.

Si les relations entre l'Azerbaïdjan et Washington se sont refroidies sous l'administration Biden en raison du renforcement des liens américains avec l'Arménie, le retour du président Donald Trump a contribué à relancer un axe stratégique susceptible de redessiner la carte géopolitique de la région, à condition que la menace iranienne soit neutralisée et l'influence russe contenue. Ce nouvel alignement dépasse largement les frontières de l'Azerbaïdjan. Les Émirats arabes unis en sont un pilier depuis la signature des accords d'Abraham en 2020. Bahreïn partage les préoccupations liées à l'agression iranienne. Le Maroc est devenu un partenaire occidental fiable dans la lutte contre l'extrémisme djihadiste. L'Égypte et la Jordanie, malgré des tensions ponctuelles, restent attachées à la paix. L'Arabie saoudite continue de défendre ses propres intérêts, mais pourrait finalement trouver sa place au sein d'une alliance plus large, orientée vers l'Occident.

L'idée de Trump selon laquelle de nombreux pays musulmans sont prêts à collaborer avec Israël contre l'Iran et ses alliés armés n'est pas une chimère. Elle reflète une réalité stratégique qui se dessine depuis des années. Pendant des années, la grande stratégie de l'Iran a consisté à encercler Israël d'un réseau de groupes armés. Le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza, le Jihad islamique palestinien, les milices chiites en Irak, les Houthis au Yémen et le régime d'Assad en Syrie étaient censés former un étau de plus en plus étroit autour de l'État hébreu. Téhéran espérait également fédérer le monde arabe autour d'un front anti-israélien uni, isolant ainsi Israël diplomatiquement tout en le menaçant militairement de toutes parts. Or, c'est l'inverse qui s'est produit. Le Hamas a été dévasté, le Hezbollah considérablement affaibli, Assad est tombé, et de nombreux États arabes considèrent désormais l'Iran – et non Israël – comme la principale source d'instabilité régionale. Les accords d'Abraham ont ouvert une nouvelle perspective stratégique, et la coopération entre Israël et les principaux États sunnites s'est intensifiée malgré la guerre. Plutôt qu'Israël se retrouve encerclé, c'est l'Iran qui est de plus en plus confronté à un confinement stratégique.

Aujourd'hui, Téhéran constate l'existence d'un réseau croissant de pays – de l'Azerbaïdjan au nord aux États du Golfe et à ses partenaires de la région de la mer Rouge – qui partagent un intérêt commun : limiter l'expansionnisme iranien. Le rêve iranien d'hégémonie régionale se heurte à une nouvelle réalité géopolitique. Le Hezbollah demeure la menace la plus dangereuse. L'organisation ne représente plus seulement une menace militaire pour Israël ; elle a de fait pris le Liban en otage, le soumettant aux intérêts iraniens. Son arsenal, son pouvoir politique et son contrôle des institutions clés empêchent le Liban de recouvrer sa pleine souveraineté et de construire l'avenir auquel aspirent de nombreux Libanais. Tant que le Hezbollah restera l'instrument armé de Téhéran en Méditerranée, le Liban continuera de payer le prix des ambitions régionales de l'Iran.

Ce cadre évolutif inclut notamment le renforcement des relations d'Israël avec le Somaliland, situé à l'entrée sud de la mer Rouge, l'une des routes commerciales maritimes les plus importantes au monde. Face à la menace que représentent les Houthis, soutenus par l'Iran, le Somaliland s'est affirmé comme un partenaire précieux dans la Corne de l'Afrique. Pour Israël, les partenariats stratégiques s'étendent désormais bien au-delà de son alliance indispensable avec les États-Unis. Le plus significatif est sans doute sa coopération croissante avec l'Inde sous le Premier ministre Narendra Modi.

Ensemble, ils font progresser le Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), annoncé en 2023, qui place Israël au centre d'une importante route commerciale reliant l'Asie et l'Europe et offre une alternative durable à l'initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie. C'est cet avenir qui se dessine aujourd'hui au Moyen-Orient : non pas l'isolement d'Israël par le biais de boycotts et de campagnes diplomatiques, mais un réseau croissant de partenariats stratégiques fondés sur des intérêts communs, le développement économique et la résistance à l'hégémonie iranienne. Voilà, en définitive, à quoi ressemblera une paix durable.

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