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Réflexions sur le 34e anniversaire du massacre de Khojaly

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Le 26 février marque l'anniversaire de la chute de Khojaly lors de la première guerre du Karabakh en 1992, qui a donné lieu à ce qui reste le plus grand massacre de ce conflit., écrit Tale Heydarov.

Selon chiffres officielsAu cours de cette nuit, 613 civils ont été tués, dont 106 femmes, 63 enfants et 70 personnes âgées. Des centaines de personnes ont été blessées, plus d'un millier ont été prises en otage et plusieurs sont toujours portées disparues. Les événements de cette nuit ont marqué un tournant dans l'histoire moderne de l'Azerbaïdjan et restent gravés dans la mémoire collective.

Pendant près de trente ans, Khojaly a été un symbole de perte et de ressentiment au sein de la société azerbaïdjanaise. Cet événement a renforcé la détermination à restaurer l'intégrité territoriale et a influencé la conception que le pays se faisait de la sécurité et de la souveraineté. De ce fait, lorsque la Seconde Guerre du Karabakh a éclaté en 2020, l'héritage du début des années 1990 est resté au cœur du débat public et des décisions politiques.

La guerre de 2020 était une guerre de libération des territoires azerbaïdjanais occupés. Durant le conflit, des infrastructures civiles de la ville de Gandja, en Azerbaïdjan, ont été délibérément prises pour cible par l'armée arménienne. Compte tenu du souvenir de Khojaly et de la profondeur du ressentiment populaire, le risque que le conflit prenne un caractère de représailles était évident. Malgré les provocations, l'Azerbaïdjan a choisi de ne pas s'en prendre aux civils arméniens en guise de représailles pour les événements historiques liés à Khojaly, à l'occupation et au déplacement forcé de près d'un million d'Azerbaïdjanais de leur patrie.

L'importance de ce choix est apparue plus clairement en août 2025 à Washington, où le président Ilham Aliyev et le Premier ministre Nikol Pashinyan, sous la médiation du président Donald Trump, ont initié un accord et signé un Déclaration commune sur les relations futuresCet engagement a permis aux deux parties de poursuivre leurs efforts en vue d'un traité de paix global conforme à la Charte des Nations Unies.

Bien que cette avancée ne constitue qu'un cadre et non un accord définitif, il est probable qu'une telle opportunité n'aurait pas existé si la guerre de 2020 avait entraîné des représailles massives contre les civils. La possibilité d'entamer des négociations a été influencée, en partie, par le choix de la partie azerbaïdjanaise de ne pas cibler les civils.

Le lien entre Khojaly et la déclaration de 2025 est donc concret et non symbolique. L'histoire offre des exemples éloquents de la manière dont les attaques contre les civils compliquent ou retardent les efforts de paix. Dans les Balkans, durant les années 1990, des atrocités telles que le massacre de Srebrenica ont exacerbé la méfiance et rendu la réconciliation d'après-guerre beaucoup plus difficile. Dans certaines régions du Moyen-Orient, des cycles d'attaques contre les civils ont nui à la crédibilité des initiatives diplomatiques. Dans chaque cas, les violences contre les non-combattants ont prolongé l'instabilité.

L’expérience de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan illustre une trajectoire différente. Si le souvenir de Khojaly demeure central dans l’identité azerbaïdjanaise, la conduite des opérations au Karabakh en 2020 reflétait une volonté de ne pas reproduire la dynamique du début des années 1990. Cette décision a contribué à instaurer un climat propice à l’avancement d’un processus de paix structuré, aussi fragile et incomplet soit-il.

La leçon à tirer dépasse le cadre du Caucase du Sud. Si, aux yeux de certains acteurs, le ciblage des civils peut engendrer des gains militaires ou politiques à court terme, il compromet en définitive les fondements d'une paix durable. La retenue, même face à des griefs historiques, préserve la possibilité de négociations et de soutien international. Le cadre de paix en cours d'élaboration entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan illustre comment la diplomatie post-conflit n'est viable que si de nouvelles atrocités sont évitées.

À l'occasion du 34e anniversaire de Khojaly, le souvenir et la politique restent étroitement liés. Les événements de 1992 continuent de marquer les consciences nationales, mais les développements de 2020 et la déclaration de 2025 montrent que la trajectoire d'un conflit n'est pas prédéterminée par ses heures les plus sombres. Pour les régions actuellement prises au piège de cycles de représailles, le cas de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan illustre une réalité concrète : la protection des civils est non seulement un impératif humanitaire, mais aussi une condition stratégique essentielle à la paix.

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Contributeur Invité - Opinion

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