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Construire la paix par la connectivité : une perspective stratégique sur le processus de normalisation entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie

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L'Azerbaïdjan a toujours soutenu la paix et la stabilité dans le Caucase du Sud et entretenu des relations constructives avec ses voisins, notamment la Russie, l'Iran, la Géorgie et les États d'Asie centrale. Suite à la guerre de 2020, l'Azerbaïdjan perçoit une occasion historique de transformer en profondeur la région, en remplaçant l'héritage du conflit par la coopération régionale, le développement économique et une connectivité ouverte. La vision à long terme de l'Azerbaïdjan est de contribuer à faire du Caucase du Sud, autrefois champ de bataille, un vivier d'opportunités : une région caractérisée par des partenariats, des investissements et des infrastructures interconnectées., écrit Parvana Valiyeva, députée au Parlement d'Azerbaïdjan, membre de la Commission des affaires étrangères et des relations interparlementaires (sur la photo, ci-dessous).

Le chemin n'a pas été simple, mais les deux parties se sont progressivement engagées dans un dialogue constructif. Les précédentes discussions tenues à Abou Dhabi ont permis aux parties de s'entendre sur plusieurs principes fondamentaux d'un futur traité de paix. Un tournant majeur a été marqué par le retour des États-Unis dans ce processus.

Les accords de Washington entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, conclus à la Maison Blanche en présence du président Donald Trump, constituent un tournant historique qui devrait apporter paix, stabilité et prospérité à la région après plus de trente ans de crise. Cette avancée majeure ouvre une nouvelle ère dans le Caucase du Sud et devrait renforcer les opportunités économiques régionales, notamment en améliorant l'efficacité du Corridor central.

L'apposition des initiales sur le texte du traité de paix a confirmé que les deux parties s'étaient entendues sur ses dispositions. Bien que l'apposition des initiales ne vaille pas signature, elle constitue une étape décisive vers l'instauration d'une paix durable.

Cependant, la paix ne se résume pas à la signature d'un document ; elle requiert également un consensus public. La paix doit se manifester non seulement dans les accords officiels, mais aussi dans les mentalités, les comportements et les relations entre les sociétés. Le soutien du public, une communication ouverte et l'instauration d'un climat de confiance sont essentiels. Les blessures du conflit peuvent guérir, mais cela exige du temps, une compréhension mutuelle et la création d'un environnement social et culturel favorable.

À cet égard, plusieurs mesures de confiance ont été prises. En septembre 2025, l'avion du Premier ministre arménien a survolé l'espace aérien azerbaïdjanais lors d'un voyage vers la Chine. Les membres des commissions de délimitation des frontières ont également effectué des visites réciproques. Le vice-Premier ministre arménien s'est rendu à Gabala, une région d'Azerbaïdjan, pour discuter du processus de délimitation et de démarcation.

Dans le cadre des efforts de normalisation, les deux pays ont lancé des échanges inédits entre sociétés civiles. Pour la première fois, un avion en provenance d'Erevan a atterri à Bakou afin d'acheminer des représentants de la société civile arménienne pour des dialogues de paix, et une délégation a effectué le trajet inverse de Bakou à Erevan dans le cadre de l'initiative « Pont de la paix ». Ce processus favorise le dialogue entre les sociétés civiles sur les perspectives de paix.

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Ces développements mettent en lumière une réalité importante : l’accord de paix paraphé commence à se concrétiser, non seulement sur le papier, mais aussi dans les faits. Lors d’événements internationaux majeurs, le ministre arménien de la Sécurité s’est rendu en Azerbaïdjan, et un représentant d’un groupe de réflexion azerbaïdjanais a pris la parole lors d’un événement en Arménie. De même, la présidente du Milli Majlis a rencontré son homologue arménien lors de sa visite en Suisse en octobre. Ces initiatives confirment que la normalisation des relations s’installe.

En octobre 2025, l'Azerbaïdjan a ouvert le transit des marchandises commerciales vers l'Arménie. Cela a permis à des cargaisons, comme le blé kazakh et russe, de transiter par l'Azerbaïdjan vers l'Arménie via la Géorgie. L'Arménie, de son côté, a ouvert le transit des marchandises turques. Ces mesures concrétisent les engagements pris dans le cadre du processus de paix négocié par les États-Unis et contribuent à l'intégration économique régionale.

L'Azerbaïdjan a insisté sur la nécessité de certaines conditions avant la signature de l'accord de paix définitif. La poursuite des démarches en vue de la signature et de la ratification de l'accord ne sera effective qu'une fois la dernière condition – à savoir les amendements à la Constitution arménienne visant à supprimer les revendications territoriales contre l'Azerbaïdjan – remplie.

Parallèlement, les deux parties ont commencé à étudier les possibilités de commerce bilatéral, notamment l'exportation potentielle de produits pétroliers azerbaïdjanais vers l'Arménie. Le corridor de Zangezur, actuellement en projet, demeure un élément stratégique de la transformation régionale. Une fois opérationnel, il créera de nouvelles opportunités logistiques le long des axes Est-Ouest, un lien mutuellement avantageux pour l'Europe et l'Asie. En tant que pays de transit, l'Azerbaïdjan et l'Arménie devraient en tirer un profit considérable.

L’Azerbaïdjan appelle la communauté internationale – gouvernements, médias, universités et société civile – à soutenir le processus de paix plutôt que de raviver des discours obsolètes qui maintiennent la région prisonnière du passé. Si la guérison après des décennies de conflit prendra du temps, un avenir fondé sur la prospérité économique, l’ouverture des frontières et une prospérité partagée est à portée de main.

Un chapitre des conflits mondiaux touche enfin à sa fin, et un nouveau chapitre de coopération s'ouvre dans le Caucase du Sud. Grâce à un engagement bilatéral constant et à un soutien international responsable, la région peut progresser unie dans la paix, le développement et le progrès.

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